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Association de sauvegarde de la chapelle du Gast

Restaurer la chapelle ND de Bonne Nouvelle ?

Un rêve qui doit devenir une réalité...

HISTOIRE DE LA CHAPELLE NOTRE-DAME DE BONNE-NOUVELLE    

par Jean-Yves Marivin             

           

L'histoire de la chapelle du Gast dont l'ancienneté est attestée par ses éléments architecturaux sera retracée ci-dessous.

 

De la construction primitive de la Chapelle jusqu'en 1720            

 

             Si nous disposons de documents concernant la chapelle, à partir du XVIII° siècle, Nous ne disposons pas de documents écrits portant sur les périodes antérieures. Toutefois la première construction de la chapelle est  vraisemblablement contemporaine de la construction du Manoir du Gast dont elle était une dépendance, située en limite de propriété et tournée vers l'extérieur afin que chaque habitant du village y ait libre accès, situation assez répandue dans cette partie de la Bretagne.

 

            L'on sait qu'au XV°-XVI° siècle, le Gast appartenait aux Bino, et que selon toute probabilité celui-ci était, à l'époque de la construction du Manoir, la propriété de Jean de Bino et Marguerite Visdelou sa femme.

            Ce Jehan de Bino est le fils cadet de Jehan de Bino et de Gilette Perrin, petit-fils d'Olivier de Bino sieur de Quimehic, et arrière-petit-fils de Caro de Bino seigneur du Chauchix, personnage de l'administration ducale, disposant de 1.200 livres de revenu annuel ce qui est considérable.

 

            La descendance de Jean de Bino et Marguerite Visdeloup dont nous avons connaissance est intéressante en ce qui concerne la chapelle, puisque les Androuet qui deviendront propriétaires du Gast par héritage, descendent, en leurs différentes branches, de leurs enfants.

 

            1- Julien de Bino, sr. de Quimehit, cité en 1555, qui épouse Julienne de Saint-Pern. Leur fille, Claude de Bino épousera Pierre Le Boux, sieur de Kerbout. Leur arrière-petite-fille Anne Le Boux épousera le 8 Octobre 1672 à Ménéac, Maître Pierre Androuet.

 

            2- Julienne de Bino née vers 1530 et décédée après 1555 épousera Yvon Le Picart. Leur Petit-fils, Jean Agan épousera Péronnelle de La Motte, fille d'Alain de La Motte et de Taysine de Miniac, Sieur et Dame de Kerdreux, dont descend une grande partie de la population de Ménéac. Jacquemine Androuet née le 17 Février 1698 et décédée au Gast le 3 Février 1739, l'épouse de Maître Julien Androuet, en est une descendante directe par sa mère Jeanne Rault. (Elle est, en effet, l'arrière-arrière-petite-fille de Jean Agan et Péronnelle de La Motte). Ce sont eux qui habitent le Gast en 1720, date de reconstruction de la chapelle gravée sur l'appui de fenêtre du pignon ouest.

 

            A l'intérieur de la chapelle, l'un des entraits à engoulant porte un écusson. Ces entraits ont été peints, comme il était d'usage à l'époque, et l'on voit encore les traces de pigments. Des armes ont-elles figuré sur cet écusson? Une étude approfondie de l'écusson nous permettrait peut-être d'y trouver des traces de pigments ou de dessin et ainsi d'identifier les armes qui auraient pu y figurer, peut-être celles des Bino: d'argent à 3 têtes de loup arrachées de sable, lampassées de gueules (Armorial général de Bretagne 1696- d'Hozier- enregistrement N°16, registre du bureau de Rennes)

 

 

Reconstruction ou remaniement

 

            Tout porte à croire, en effet, que les initiateurs de la reconstruction de la chapelle ont été Maître Julien Androuet (1677-1732) et son épouse Jacquemine Androuet (1698-1739) qui habitent le manoir à cette date. Qui Sont-ils?

            Julien Androuet est né à Gomené le 29 Mai 1677, de Gilles Androuet (1639-   ) et Charlotte Hervé (1647-1686). Julien Androuet est un descendant du couple  Jan Androuet et Catherine Bernard, (tous les deux nés avant 1547), le couple le plus ancien des Androuet dont nous ayons connaissance à Ménéac, les registres paroissiaux n'y étant pas antérieurs.

  1.             Jacquemine Androuet est née aux Alleux, en Ménéac. Elle est la fille de Maitre Yves Androuet (1670-     ) et de Jeanne Rault (1668-1703), descendante des Agan, des Le Picart, des Bino et des La Motte de Kerdreux...dont nous remontons la généalogie jusqu'à Charlemagne.

 

            Nous trouvons ce Julien Androuet cité dans l'ouvrage de Paul Gilles: 56 Ménéac à propos du paiement de la refonte de la grosse cloche de l'église paroissiale en 1722.

            Il semble que les 5 branches de copropriétaires actuels de la chapelle soient les descendants de Julien Androuet et Jacquemine Androuet.

            Leurs enfants ayant eu une descendance sont au nombre de 4 :

 

            1-Joseph Androuet né au Gast le 17 Mars 1718, décédé le 21 Octobre 1763 à Trémagat en Gomené  qui épousa à Gomené le 18 Décembre 1734 Renée Lespert (1722-1745) fille de Jacques Lespert et de Guillemette Androuet.

 

            2- Jean Marie Androuet, né au gast le 15 Juin 1723, décédé au Gast le 17 Avril 1775, qui épousa Jeanne Pencolé ( 1721-1768),  fille de Guillaume Pencolé et de Françoise Lespert.

 

            3- Julienne Androuet, née au Gast, le 4 Juillet 1729 , qui épousa à Ménéac le 24 Novembre 1756, Maître Pierre Lorfeuvre, fils de Julien Lorfeuvre et de Jacquemine Portier

 

            4- Jeanne Androuet, née au Gast le 22 Mai 1732, qui épousa le 29 Janvier 17..  Guillaume Portier, fils de Jean Portier et de Cyprienne Urvoy.

 

            Leur descendance est fort nombreuse, puisque dans un courrier qui nous a été adressé en 1999 par le président de l'association Breiz Santel, celui-ci nous indiquait: « D'après les renseignements que M.Fleury nous a communiqué, la chapelle serait la propriété indivise de plusieurs centaines de personnes dont leur ancêtre commun remonterait au temps de louis XV? »

 

Le retable

Le retable de 1757 est en majeure partie en bois de chêne.A part quelques restaurations mineures sur les piédestaux des colonnes , toutes les boiseries sont d' origine. L'affaissement dans le sol  a été responsable de quelques déformations des boiseries.A cause de l' humidité causée par l' infiltration de l' eau, la vrillette est entrée dans le bois.

La couche picturale en faux marbre bleuâtre est la première et la seule couche de peinture , encore en bon état .Un nettoyage suffira.

La statue de Notre Dame portait autrefois les couleurs rouge et bleu pour son manteau, mais a été repeinte dans les mêmes tons que le retable.


Le retable est actuellement démonté , mis à l' abri.

Réalisation du retable de 1757

Réalisation du retable de 1757

            Ce retable a été mis en place en 1757 en recouvrement de l'autel primitif du XV° siècle, réalisé en pierres peintes que nous avons conservé.

 

            Ce retable de taille importante et en bois polychrome, d'une beauté simple, a certainement été réalisé par des artisans locaux, menuisiers et ébénistes, plutôt qu'artistes sculpteurs. Nous reviendrons plus loin sur les qualités picturales et sculpturales de ce retable, magnifique expression de l'art baroque, caractéristique de la seconde moitié du XVIII° siècle, duquel émane  toute la simplicité d'une foi tranquille ancrée dans la ruralité.

 

            Quatre  statues entourent Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, deux de taille importante, l'une représentant Saint-Joseph, côté Nord de l'autel, l'autre, située côté sud de l'autel: Saint Isidore. Ou si l'on préfère: Saint-Joseph côté Gomené et Saint Isidore, côté manoir du Gast.

          Les 2 autres statues, de plus petit modèle, situées dans les encoignures du retable représentent l'une, Saint-Jean et l'autre, Sainte Angèle.

 

            Pourquoi ces saints plutôt que d'autres?

 

            Nous avons essayé d'en trouver la raison en analysant la descendance de Maître Julien Androuet et Jacquemine Androuet, car ceux-ci étaient décédés en 1758.

            Deux de leurs enfants retiennent notre attention:

 

            1- Joseph Androuet, le fils aîné (1718-1763)  époux de Renée Lespert, qui habite Trémagat en Gomené a très bien pu être  le mécène, entre autres, de la statue de Saint-Joseph, son Saint- Patron.

            Ils auront pour enfants: - Maître Yves Androuet, (1740-1775), notaire et procureur de plusieurs juridictions, qui habite Evriguet et a épousé Mathurine Sohier (    -1779)

                                                      -  Joseph Androuet (1743 – 1763)

 

            2 – Jean Marie Androuet (1723-1775) , époux de Jeanne Pencolé (1721–1768) qui habitent le Gast. Celà pourrait expliquer la présence de Saint-Jean dans le retable ainsi que celle de Saint-Isidore, car son fils né le 15 Mai 1759, c'est-à-dire peu de temps après la mise en place du retable en  portera le prénom.

            Trois de leurs enfants épouseront trois enfants DuChauchix, enfants de Maitre Julien DuChauchix (1715-1782) et Françoise Posnic (1724-    ):

            - Françoise Androuet () épouse Pierre DuChauchix le 8 Novembre 1775.

            - Isidore Androuet (1759-1806) épouse Marie DuChauchix le 16 Janvier 1787 à Gomené.

            - Marie Perrine Androuet (1764-1793) épouse Jean-Baptiste DuChauchix le 27 Février 1787 dans la chapelle du Gast.

          Le quatrième enfant: Jacquemine Androuet épousera Jean Gaudaire.

            Qui est Saint-Isidore?

            Saint Isidore naquit en 560 à Carthagène et mourut en 636, Archevêque de Séville. C'est lui qui donnera à l'église d'Espagne son organisation définitive. IL fut officiellement reconnu par l'église romaine en 1722, et est connu comme Saint-Patron des Laboureurs.

 

            Quant à Sainte-Angèle ? Ce prénom n'est jamais donné dans la famille Androuet. Faut-il chercher une raison extra-familiale?


 

Registres paroissiaux

 

        C'est au XVIII° siècle, et particulièrement dans sa seconde moitié, que nous trouvons dans les registres paroissiaux de Ménéac, les témoignages de la vie religieuse de la Chapelle du Gast qui se traduit par les promesses de mariage et les bénédictions nuptiales.

            Naturellement cette liste n'est pas exhaustive et nous constatons une absence de renseignements pour la période allant de 1728 à 1771.

            Certains d'entre vous pourront cependant y retrouver leurs aïeuls. Nous avons respecté l'orthographe des noms tels qu'ils sont transcrits dans les registres.

           

            Promesses de mariage recueillies dans la chapelle:

 

- 29 Janvier 1771 : Guillaume PORTIER et Jeanne ANDROUET (1)

- 6 Juillet 1775 : François NORMAND et Gabrielle MERCIER

- 12 Juillet 1775 : Pierre DU CHAUCHIX et Françoise ANDROUET (2)

- 24 Janvier 1776 : Gilles PENCOLE et Renée HAGUET

- 19 Décembre 1776 : Mathurin NOGUES et Noëlle TUAL

- 15 Janvier 1777: Jean DELUGEARD et Michelle SAUVAGE

- 13 Janvier 1779: Jean BAUD et Marie DUCHESNE

- 16 Janvier 1787: Jean-Baptiste DU CHAUCHIX et Marie-Perrine ANDROUET  (3)

- 19 Janvier 1788: Louis SIMON et Mathurine CAZO

- 6 Janvier 1789: Jean ROUVRAIS et Jeanne COCHON

 

            Bénédictions nuptiales données dans la Chapelle:

 

- 6 Février 1723 : René OREAL de Goméné et Perrine CHASSEBOEUF

- 8 Mai 1728: Jean GUEHENEUC et Mathurine MILCENT

- 8 Novembre 1775 : Pierre DU CHAUCHIX et Françoise ANDROUET (2)

- 13 Février 1776 : Gilles PENCOLE et Renée HAGUET

- 13 Février 1776 : René GLAIS et Françoise CONOIR

-  5 Février 1777 : Jean DELUGEARD et Michelle SAUVAGE

- 31 Janvier 1780 : Joseph MOREL et Jeanne HERVE

-  10 Mai 1780 : Pierre PINSON et Jacquemine LORFEUVRE

- 27 Février 1787 : Jean-Baptiste DU CHAUCHIX et Marie-Perrine ANDROUET (3)

- 30 Juillet 1788 : Joseph BERTHELOT et Renée PINSON

-  16 Février 1789 : Mathurin MALART et Mathurine BAZIN

- 15 Février 1790 : Joseph JEGUT et Suzanne LEMEE

 

 

            1) Fille de M° Julien Androuet et de Jacquemine Androuet

            2) Fille de Jean-Marie Androuet et de Jeanne Pencolé

            3) Fille de Jean-Marie Androuet et de Jeanne Pencolé

 

            A l'arrivée au gast, sur la droite du chemin d'accès se trouve une croix en granit du XVIII° siècle qui porte inscrits sur sa base les noms de famille suivants:

            -Lorfeuvre

            -Marivin

            -Androuet

 

 

La chapelle pendant la  révolution

 

            L'instauration des départements, en 1790, et l'organisation administrative révolutionnaire entraineront une position tout-à-fait exceptionnelle de la chapelle. Celle-ci se trouvera désormais, non seulement ,en limite de deux communes: Ménéac et Gomené, mais aussi en limite de deux districts: Loudéac et Josselin  et en limite de deux départements: le Morbihan  et les Côtes-du-Nord.

            Cette position stratégique favorisera les activités qui s'y dérouleront car il n'y avait guère de concertation entre les actions menées par les différents districts ou les différents départements et selon le danger, il suffisait de changer de district et par là-même de département.

 

            C'est ainsi qu'en  1794,  la chapelle servira de grenier à grains, qui échapperont à la réquisition,  pour alimenter les chouans, ou que les prêtres réfractaires pourront y exercer le culte, La cloche de la chapelle qui se trouvait dans l'arbre situé en face du pignon ouest servait a donner l'alerte en cas de danger.

 

            Je me souviens aussi que  ma Grand-Mère, propriétaire du Manoir du Gast, racontait, que sa grand-Mère lui avait, elle-même, raconté, lorsqu'elle était enfant, une anecdote qui s'était produite au Manoir, en ces temps troublés:

            Un jour, un chouan recherché, se trouvait dans la cuisine du Manoir quand arriva un détachement de républicains. Pris de court,  le pauvre homme se cacha, aussi vite qu'il le pût, dans la maie. Les bleus investirent la cuisine et pour écarter tout soupçon, les hôtes du Manoir leur offrirent du cidre à boire sur la maie qui renfermait le chouan...

 

            Cette maie "historique" est parvenue jusqu'à nous et est précieusement conservée dans notre maison.

 

            Grand-Mère racontait également qu'un trésor était caché dans le puits. Et un jour de 1989, je me trouvais passer au Gast et rendre visite à Roger Lorfeuvre. J'y rencontrai l'abbé Martin, curé des Villages à Saint-Brieuc, qui connaissait de longue date la chapelle, et qui était venu au Gast, en vue d' emprunter pour exposer aux archives départementales, dans le cadre du bicentenaire de la révolution, les objets du culte de la chapelle: ciboire, calice.

 

            Naturellement je me rendis aux archives, dès la mise en place de l'exposition, mais constatais qu'aucun des objets empruntés par l'Abbé Martin n'étaient exposés.

 

            M'étant renseigné auprès du directeur des archives, que je connaissais,  il m'annonçait que ceux-ci n'avaient pas été retenus pour l'exposition dans le cadre du bicentenaire car étant postérieurs à la révolution.

 

            Dès lors j'envisageais l'éventualité suivante: a l'époque de la terreur, les objets sacrés ont pu être cachés dans le puits pour échapper au vol et à la profanation. ont-ils été oubliés par la suite? et remplacés au XIX° siècle par ceux que nous connaissons aujourd'hui? Cela peut être la raison de la "légende" du trésor dans le puits, racontée par Grand-mère. Peut-être y sont-ils encore...

 

 

 

 

 

            C'est à la suite de la tempête de Décembre1999, qui a ravagé la toiture de l'édifice que les propriétaires indivis ont pris conscience que, si des mesures d'urgence n'étaient pas immédiatement prises, la chapelle allait inexorablement  se trouver à l'état de ruine dans un proche avenir.

 

Comment la Chapelle était-elle entretenue jusqu'à la tempête de 1999 ?

 

L'entretien de la chapelle au XIX° et au début du XX° siècle

           

            Je suis en possession du testament fait le 27 Mars 1907 par Jean-Marie ANDROUET, copropriétaire de la chapelle, et décédé célibataire en 1915, à Saint-Launeuc chez sa soeur, Mathurine AUDROUET,  épouse de Jean-Baptiste MACE. Il est l'oncle de ma Grand-Mère COLAS: Constance MACE et de La Grand-Mère des LE PAGE: Hortense LORFEUVRE, épouse du Docteur Joseph ROUVRAY, médecin à Ménéac, qu'il institue légataires universelles.

 

            Dans ce testament, Jean-Marie ANDROUET dispose: "En conséquence du legs que je viens de faire à mes deux légataires universelles,...., je veux qu'elles versent deux cents francs à l'entretien de la chapelle".

            Est-ce un fait isolé, ou les copropriétaires avaient-ils coutume de ne pas oublier leur chapelle dans leur testament? Je ne sais pas. Toujours est-il qu'elle nous est parvenue en état de gros-oeuvre satisfaisant, jusqu'aux années 1970, bien que l'affaissement visible du retable était un signe inquiétant.

 

L'entretien de la chapelle dans la seconde moitié du XX° siècle

 

            L'entretien semble avoir été négligé à partir de la seconde guerre mondiale et pendant de longues années. Tant que le gros-oeuvre n'était pas l'objet de sérieuse inquiétude, seule la famille LORFEUVRE, qui habite à proximité de la chapelle, s'en préoccupait et se chargeait d'en effectuer l'entretien, ne faisant appel aux autres copropriétaires que lorsque des travaux d'importance  devenaient indispensables. 

 

            C'est ainsi  que la réfection de la couverture du clocher fut entreprise en 1970, ardoises et crochets neufs, pour un montant de 1.030 francs payé par les familles MARIVIN-COLAS, LORFEUVRE-URVOY et LE PAGE-ROUVRAY, chacune pour un tiers.

 

            La couverture de la chapelle était également révisée et entretenue par M. Bernard TREUSSARD,  habitant le bourg de Ménéac, qui chaque année, tant que sa santé le lui a permis, a offert  une journée de son travail à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle.

 

LE MANOIR DU GAST

 

 

            Cette page ne s'adresse pas à la chapelle, mais au Manoir du Gast dont elle fut une dépendance au XVI ème siècle et plus particulièrement à un détail d'architecture aujourd'hui disparu.

 

            Jusque dans les années 1960-1970, l'on pouvait voir sur le couronnement de la souche de la cheminée 4 boules en granit, d'environ 15 à 20 centimètres de diamètres, chacune disposée à chaque angle du couronnement.

 

            Historiquement, ces boules, malheureusement de nos jours disparues, sont appelées "Boules d'Immunistes" et l'origine des boules d'Immunistes  remonte à  l'administration de Charlemagne.

             En quoi consistait l'immunité à cette époque ? L'immunité consistait en l'exemption d'un certain nombre de charges, (corvées, impôts, et notamment du fouage, plus tard,  à l'époque féodale), et permettait d'échapper sur ses terres, au contrôle des fonctionnaires royaux. L'immunité est  typiquement une institution de l'époque Carolingienne dont le système est basé sur la fidélité. Quand le suzerain n'avait ni fonction, ni terres à donner, il concédait une charte d'immunité. Dès lors l'immuniste en posant des boules  visibles du plus loin possible, faisait savoir aux collecteurs d'impôts et autres agents du pouvoir royal qu'il n'était pas soumis à l'administration royale, et que de ce fait, les agents royaux n'avaient  pas le droit de pénétrer sur son territoire. Ils ne pouvaient y lever le ban de l'armée, ni y transporter le tribunal royal.

 

            Bien sûr, lorsque Jehan de Bino, cadet de la maison des Bino, sieurs du Chauchix, et sa femme Marguerite Visdelou, vraisemblablement les bâtisseurs du Manoir, et à l'origine de la première construction de la chapelle, érigent leur manoir dans la première moitié du XVI° siècle, la période carolingienne est bien loin, mais des exemptions fiscales et de services sont toujours l'apanage de la noblesse en compensation du service militaire qu'ils doivent à leur duc puis au roi de France après l'union d'Anne de Bretagne avec Charles VIII  puis Louis XII.

 

            On garde, alors, comme un symbole aristocratique, les marques d'immunité que constituent les boules posées sur les cheminées, ou posées, dans d'autres maisons, sur les piliers de l'entrée.

            Ainsi l'on retrouve ces boules dans beaucoup de  demeures anciennes nobles, partout en France, mais peut-être surtout en Bretagne. Ces boules, au fil du temps, se généraliseront et perdront tout caractère aristocratique pour devenir purement décoratives, la mémoire de leur origine ayant été, le plus souvent, perdue.

 

            Si vous y prêtez attention, vous remarquerez certainement des boules "d'immunistes" sur d'autres maisons de Ménéac et de Gomené, notamment sur les piliers d'entrée de la Ville-es-Pies, celle-ci ayant appartenu à la même famille que le Gast.

Se rendre à la chapelle du Gast

A partir de Ménéac, prendre la D106 en direction de Coëtlogon.

Après avoir traversé la RD175 (de Goméné à la Trinité Porhouët)  continuer tout droit et 3,5 km plus loin le hameau du Gast se trouvera sur votre droite.